Bon Ramadan a Tout les musulmans.
Le Prophète a décrit le mois de Ramadan comme étant, entre autre, le mois de la consolation. Cette appellation est d'autant plus adéquate que le jeûne est une véritable institution d'aide aux nécessiteux. L'lmam al-Bâqer a dit à ce propos:
«Dieu a prescrit l'obligation de jeûner pour que le riche ressente l'affliction de la faim et s'attendrisse sur le pauvre".
Son fils l'lmam al-Çâdiq, reprend cette explication et la développe:
«Dieu a prescrit le jeûne pour que le riche et le pauvre vivent sur un pied d'égalité, car, le riche n'a pas l'occasion de connaître la famine pour penser au pauvre, étant donné qu'il peut manger tout ce qu'il veut et quand il veut. Aussi, Dieu a-t-Il voulu mettre sur un pied d'égalité Ses créatures en obligeant le riche à éprouver la faim et son affliction afin qu'il s'attendrisse sur le faible et compatisse à l'affamé».
Ainsi la sensation de faim, suffit-elle en soi, et à elle seule, à rappeler au nanti l'affliction de l'affamé, et à l'inciter à se montrer volontairement généreux envers le démuni. C'est un rappel on ne peut plus concret et sans discours éloquent. Il vaut mille prêches.
Toutefois, I'Islam ne s'est pas contenté de prescrire le jeûne pour inciter les riches à nourrir les pauvres. Il a également promis des récompenses au moins égales sinon supérieures à celles du jeûne lui-même, pour chaque geste de générosité lié au jeûne. Le Prophète a dit à cet égard:
«Quiconque offre le repas de l'Iftâr (de la fin du jeûne) à un jeûneur aura une récompense égale à celle du jeûne et à celle de la piété accomplie par la force de ce repas».
L'Imam al-Çâdiq paraphrase en quelque sorte cette parole du Prophète dans les termes suivants:
"Le fait d'offrir à votre frère le repas de l'Iftâr et de lui faire éprouver cette joie, est mieux récompensé que votre jeûne lui-même".
Quant à l'Imam al-Bâqer, il dit à ce même propos:
«Tout Croyant qui aura offert le repas de l'Iftâr à un autre Croyant, Dieu lui réservera une récompense équivalente à celle de l'affranchissement d'esclave".
Et d'ajouter:
"Et s'il lui offre ce repas pendant tout le mois de Ramadan, Dieu lui réservera la récompense de celui qui libère trente esclaves croyants, et de cette façon sa Prière sera exaucée par Dieu".
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Le ramadan est un jihad obligatoire, codifié, un devoir qui pallie l'incapacité pour les masses à atteindre les sommets de la virtuosité soufie. Vu sous l'angle de la mystique, le ramadan n'est plus contrainte, mais effort minimal, une manière de remercier Dieu pour sa magnanimité et sa compassion envers la faiblesse de l'homme. Car il est entendu que le jihad est à prendre ici dans son sens premier : l'effort de lutte, et plus encore, de contrôle des désirs terrestres de l'homme. On aurait tort de penser que les musulmans -y compris ceux qui ne font que l'effort de s'abstenir de manger et de boire et qui s'adonnent plus que de coutume à leurs envies gastronomiques après la rupture- méconnaissent la signification spirituelle du ramadan qui ne se résume pas au jeûne rituel, mais qui s'étend au jeûne spirituel. Le ramadan peut ainsi être compris comme une expérience où s'éprouve l'exigence supérieure d'un idéal à atteindre, à travers la concrétude infiniment humaine de l'observance rituelle. C'est par ces paroles que le grand 'Abd al-qâdir al-Jilâni appelait au jihad : ' Tant que tu es attentif à ton âme concupiscente, tu n'atteindras pas cette station ; tant que tu lui fais parvenir ses parts, tu resteras enchaîné par elle Accorde-lui son droit et prive-la de ses parts. Sa pérennité réside dans l'octroi de son droit et sa perte dans l'obtention de ses parts. Son droit, c'est l'indispensable en matière de nourriture, de vêtement, de boisson, d'abri et de logement. Sa part, ce sont les plaisirs et les désirs. Prends son droit de la main de la Loi religieuse et voue sa part au Décret et à la présence de Dieu